Pour sa deuxième exposition avec la galerie Martel, et la première en Belgique, Icinori présente Le Jardin, un ensemble de dessins inédits qui marque une étape décisive dans le parcours du duo formé par Mayumi Otero et Raphaël Urwiller, avant peut-être de se lancer dans de plus grands formats (Ici la grande majorité des pièces est réalisée sur Arches).
Depuis Travel Book Seoul, présenté à la galerie à Paris en 2020, leur travail s’est déplacé, affiné, enrichi, sans jamais renier ce qui en constitue le socle : un goût profond pour la narration ouverte, les territoires mentaux et le plaisir de proposer des images étranges et surprenantes.
Le Jardin n’est pas ici un motif décoratif ni un espace domestiqué. Il est un lieu paradoxal, à la fois sauvage et théoriquement maîtrisé, propice à l’émergence de récits fragmentaires, de scènes suspendues, parfois inquiétantes, souvent oniriques. Les jardins d’Icinori n’ont rien de versaillais : ce sont des architectures un peu perdues, des maisons réelles ou imaginées, des usines envahies par la végétation, des jungles où la nature semble avoir repris ses droits. Des lieux que l’on croit reconnaître sans jamais totalement les comprendre, situés quelque part entre l’Asie de l’Est — Japon, Corée, Taïwan — et un espace du rêve, à l’heure incertaine « entre chiens et loups ».
À l’heure où les images se produisent et se consomment à une vitesse inédite, Icinori revendique le temps long du dessin, l’attention portée aux matières, aux erreurs, aux accidents — une réflexion que nourrit aussi leur intérêt pour les « bugs » de l’intelligence artificielle, observés sans jamais y recourir.
– Extrait du communiqué de Frédéric Bosser
Rédacteur en chef des Arts Dessinés
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