À l’occasion de MIRA Art Fair, Mariane Ibrahim a le plaisir de présenter un duo show réunissant Hilda Palafox et Cristina Flores Pescorán.
Hilda Palafox (née en 1982 au Mexique ; vit et travaille à Mexico) est une artiste visuelle dont le travail explore et questionne la figure humaine, se déployant comme une enquête autour de la subjectivité, du corps et de l'expérience de la femme. Elle aborde la question de l'identité á travers la tension entre intimité et monumentalité : entre la construction d'un monde intérieur qui privilégie la sensibilité et les liens humains, et la projection publique d'une grandeur formelle et symbolique.
Son imaginaire oscille entre la réalité et la fantaisie, avec des nuances de spiritualité, dans des gestes qui deviennent des analogies de la psyché humaine, dans des atmosphères à la fois familières et énigmatiques. Sa production dialogue avec l'héritage du muralisme mexicain, la modernité latino-américaine et les courants féministes contemporains, configurant un répertoire iconographique propre où cohabitent l'intime, le symbolique et le monumental.
Cristina Flores Pescorán (Née en 1986 à Lima, Pérou ; vit et travaille entre Lima, Utrecht et Paris) travaille à travers le textile, la vidéo, la performance et l’installation pour explorer le corps comme un espace où convergent maladie, guérison, mémoire et savoirs ancestraux. S’appuyant sur sa propre expérience du cancer, de la convalescence et des interventions médicales, elle envisage la pratique artistique comme un moyen de confronter et de réimaginer ce que la guérison peut signifier au-delà des limites des cadres cliniques. En faisant référence aux pratiques médicinales traditionnelles du Pérou, aux structures rituelles et aux formes héritées de savoir culturel, Flores Pescorán crée des œuvres qui se situent entre vulnérabilité et protection, expérience intime et mémoire collective.
À partir de coton péruvien, de fil de cuivre, de gazes faites à la main et de teintures issues du maïs violet et de plantes médicinales, Flores Pescorán développe des formes textiles qui évoquent la peau, les organes, les graines, les écorces et des voiles protecteurs. Son travail s’appuie sur des techniques de gaze pré-incaïques de la culture Chancay, des pratiques divinatoires mochica et le langage symbolique des objets rituels, tout en interrogeant les compréhensions contemporaines de la maladie, de la guérison, de la nutrition, du plaisir, de la mort et de la magie. Par ces gestes matériels et conceptuels, sa pratique devient un espace pour reconquérir une forme d’agency sur le corps et imaginer des processus de guérison ancrés dans le toucher, la mémoire et la transformation.